Rentrée Littéraire de Janvier

Encore et encore, j’ai bien trop de livres à lire. Chaque carton que je déballe, la pile s’agrandit, et je glisse de nouveaux livres dans mon sac dans l’espoir de trouver le temps de les dévorer. Je vais finir par me noyer dans mes piles de livres. Enfin, toujours est-il que j’ai pour l’instant eu le temps de lire quatre des nouvelles parutions de ce mois-ci, et je voulais partager !

La première, c’est Otages de Nina Bouraoui, que j’ai lu au mois de décembre. Dans ce livre, on suit une femme, divorcée, la cinquantaine, qui travaille dans l’usine de caoutchouc de sa ville. Elle a deux fils, maintenant adultes, et vit seule : à travers son histoire, on va suivre son aliénation, et tout les éléments qui l’ont conduite là où elle est : à l’arrière d’une voiture de police, car elle a pris en otage son patron. J’ai trouvé cet ouvrage très bien fait. C’est la première fois que je lis un livre de Nina Bouraoui, et son écriture m’a rappelé un peu celle d’Annie Ernaux, que j’aime beaucoup. C’est un livre qui fait réfléchir sur la pression au travail, et sur les attentes qu’a la société envers les femmes. Je ne peux que conseiller.

En numéro deux : comment faire cette rentrée littéraire sans parler du livre de Vanessa Springora ? Cela faisait peut-être un mois que les épreuves du Consentement étaient dans le bureau de la librairie, mais j’ai finalement attendu la parution pour lire ce livre que je voulais d’ailleurs ABSOLUMENT lire. Je ne le regrette pas. Alors oui, j’ai dû le poser quelques fois car ce n’était pas toujours très confortable à lire. Mais j’ai trouvé ça très bien fait. Vanessa Springora aborde un sujet vraiment pas facile, ce n’est une surprise pour personne, mais elle a su trouver la juste distance. Ce n’est pas un livre à mettre dans les mains de tout le monde, bien entendu, mais c’est un livre important. Si vous hésitez à le lire, je peux vous dire ceci : ce n’est pas du tout larmoyant. Certains le redoutent, mais on n’est pas dans l’apitoiement ; au contraire, c’est plus une analyse de la situation, documentée également sur les prises de positions des intellectuels des années 70/80. Alors oui, c’est bien sûr une mise en accusation, mais je le répète : c’est très bien fait, et je suis vraiment contente de l’avoir lu.

Et en numéro trois, les éditions Stock on sorti un nouveau livre dans la collection Ma Nuit au Musée. J’ai lu les trois précédents ouvrages, qui m’ont passionnée, donc bien sûr, dès que celui-ci est arrivé à la librairie, je me suis jetée dessus. Dans La leçon de ténèbres, Léonor de Récondo va passer la nuit au musée Gréco à Tolède, dans l’espoir d’y rencontrer à travers ses œuvres son artiste préféré. (Enfin, on bouge du musée Picasso !) Ce qui est génial avec cette collection, c’est qu’on part à chaque fois du même principe — un artiste qui va passer la nuit dans un musée — pour arriver à un résultat complètement différent. Le livre de Léonor de Récondo est une magnifique déclaration d’amour à Dominikos Theotokopoulos, ce peintre du XVIe siècle que l’on connait plutôt sous le nom “El Greco”. J’ai appris plein de choses. Et encore une fois, j’ai envie de voyager et de m’enfermer dans des musées !

Et le quatrième livre est bien sûr Miroir de nos peines de Pierre Lemaitre (ça fait longtemps que je n’avais pas lu un livre aussi gros !) Dans la droite lignée d’Au-revoir là-haut, l’intrigue se déroule cette fois-ci en 1940. On démarre alors que la France attend toujours de voir quand la guerre va véritablement éclater, et on assiste à la débâcle totale qui s’ensuit dans les mois suivants. C’est exécuté de manière magnifique. On voit les liens se tisser petit à petit entre les personnages, bref, c’est superbe. Et je dois avouer que c’est en fait le premier livre de Pierre Lemaitre que je lis : j’avais simplement vu Au-revoir là-haut au cinéma à sa sortie. Et du coup, there you have it, je suis actuellement en train de dévorer Couleurs de l’incendie

On s’arrête là pour la littérature générale, mais il y a aussi quelques petites merveilles qui sont sorties en jeunesse — ou qui ne vont pas tarder !

Tout d’abord on a le volume 2 de Aru Shah de Roshani Chokshi qui est paru début janvier. Cette série aux airs de Percy Jackson suit une jeune ado dont la mère est conservatrice de musée, et qui découvre qu’elle est la réincarnation de l’un des mythiques frères Pandava. Avec ses sœurs, qu’elle rencontre volume après volume, elle va donc suivre des aventures incroyables, qui en même temps se résument à un seul but : sauver le monde. Ah oui, et éviter de se faire tuer, accessoirement. C’est délicieux.

J’ai ensuite découvert le premier volume d’une nouvelle série : Lesly Davenport et la montagne noire de Zac Gorman. C’est fantastique et humoristique, et c’est aussi une superbe histoire d’amitié entre deux jeunes filles qui n’ont rien en commun, ce qui fait vraiment du bien. Il y a des monstres, un léger sarcasme, et de superbes rebondissement. J’ai hâte de découvrir la suite !

Fin janvier, le premier volume de Cassidy Blake de Victoria Schwab va enfin sortir en France sous le titre de Cassidy Blake : Chasseuse de fantômes, et j’ai trop hâte de faire découvrir cette histoire à mes jeunes lecteurs. Les parents de Cassidy vont filmer un documentaire où ils parlent de fantômes et d’événements historiques. Ce qu’ils ignorent c’est que leur fille peut véritablement voir les fantômes, ce qui va lui attirer des ennuis…

Et le dernier ouvrage dont je voulais parler est une superbe découverte en ce qui me concerne. Il sort fin février, et il s’agit du Garçon du sous-sol de Katherine Marsh. C’est l’histoire de deux jeunes garçon : l’un vient des Etats-Unis et a déménagé pour un an à Bruxelles avec ses parents. L’autre fuit la Syrie et à tout perdu : il va, de désespoir, se réfugier dans le sous-sol d’une belle maison à Bruxelles. C’est une superbe histoire, qui je l’espère rencontrera tout le succès qu’elle mérite.

Voilà tout pour le moment, mais quand je parcours les catalogues, je peux vous promettre que cette année a encore de belles choses en stock pour nous !

Cogito: Ma Critique

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Mesdames et messieurs, il est temps pour moi de poster ma deuxième critique en Français, et cette fois il s’agit de Cogito, le nouveau roman young adult de Victor Dixen, sorti le 29 mai. Je l’avoue, le seul livre de lui que j’avais lu jusqu’à présent était Phobos (il faut absolument que je me procure le tome 2) mais quand nous avons reçu plusieurs exemplaires de Cogito à la librairie, j’ai tout de suite été attirée par ce roman. Tout d’abord, la couverture est tout simplement magnifique. Et ensuite, pour pouvoir conseiller les livres, il faut les avoir lus de préférence… Et BAM me voilà avec le gros pavé qu’est Cogito dans mon sac pour le lire le weekend.

A la fin de ma lecture,je lui ai mis 3 étoiles sur Goodreads, mais pour être honnête je pense que ma note est plus un 3.5/5. J’ai eu des hauts et des bas au cours de ma lecture ; certains moments m’ont plus convaincue que d’autres, mais dans l’ensemble j’ai passé un bon moment !

On est bien dans la veine dystopique de Phobos, mais cette fois c’est l’intelligence artificielle qu’on explore plutôt que l’espace (il y a d’ailleurs un petit clin d’œil à la série précédente à un moment dans le roman, seul élément indiquant qu’on se situe plus tard dans le futur). L’intrigue est bien faite, mêmes si certains éléments sont assez prévisibles. Il n’y a pas à dire, Victor Dixen écrit bien et a fait de super recherches pour ce bouquin (à un tel point que j’avais parfois un peu du mal à suivre !) En ce qui concerne cet aspect, c’était vraiment très intéressant. J’avoue que je ne m’y connais pas très bien en robots et compagnie — que ce soit du côté des progrès techniques ou des films spéculatifs, et il y en a tout un rayon des deux côtés !

Un autre aspect qui m’a beaucoup plus était le personnage de Roxane, l’héroïne de notre histoire. Je passe sur son gang un peu douteux des Clébardes, dont le nom m’a fait grincer les dents à chaque fois qu’il a surgi sur la page… Tout ça pour vous dire que c’est un personnage extrêmement fort malgré l’adversité, ce qui fait toujours plaisir à lire. Elle n’a besoin de personne, et surtout pas de chevalier servant tout au long de l’intrigue (enfin, les alliés c’est bien, mais elle sait aussi se débrouiller toute seule). D’ailleurs il n’y a absolument aucune insistance sur l’intrigue amoureuse, qui est maintenue au strict minimum, je dis bien STRICT MINIMUM ce qui, en ce qui me concerne, me convient très bien : dans ce type de situation apocalyptique, c’est bien plus réaliste je trouve, et c’est plutôt rafraîchissant de voir cet aspect mis de côté !

Si j’ai trouvé la majorité de l’intrigue assez prévisible, j’ai quand même réussi à être surprise de temps en temps, et notamment par le personnage de Damien Prinz, mais aussi par [spoiler] la magnifique conversation que Roxane a sur skype avec son père lorsqu’elle est sur l’île, moment de pardon mutuel que j’ai trouvé super beau [fin spoiler].

Enfin bref, Cogito est une superbe réflexion sur l’humanité, et sur notre avenir, parsemé de nombreuses petits références aux philosophes, en commençant bien sûr par Descartes, et ce depuis le titre, mais aussi aux scientifiques comme Alan Turing et Ava Lovelace pour ne citer que ces deux-là. Franchement, je crois que je n’ai jamais autant appris en lisant un roman young adult qu’en lisant celui-ci, et j’avoue que c’est un petit plus qui fait du bien !