Mes Dernières Lectures (Février-Mai)

Avec le confinement, les publications ont été interrompues. Petit à petit, elles ont repris avec la réouverture des librairies au mois de mai. J’en ai aussi profité pour plonger dans les piles de romans Young Adult qui m’attendaient à la maison. Mais j’ai aussi lu quelques livres de littérature générale dont je voulais parler !

Full disclosure : j’ai mis presque un mois à finir le livre de Leila Slimani, et j’attendais de l’avoir terminé pour poster cet article. Donc nous y voilà enfin.

Le premier est Impasse Verlaine de Dalie Farah. Celui-ci est sorti au printemps dernier. (Il est sorti en poche début juin.) Je l’avais vu en rayon, et je n’avais pas pris le temps de lire. Allez savoir pourquoi un jour au début du confinement je me suis mis en tête qu’il fallait ABSOLUMENT que je le lise tout de suite, et j’ai téléchargé le kindle. Je l’ai lu quasiment dans la journée, et je suis vraiment contente de ma lecture. Impasse Verlaine, c’est l’histoire d’une mère, Vendredi, et de sa fille, raconté du point de vue de la fille.

Vendredi a grandi dans les montagnes berbères. Jusqu’à la mort de son père, elle a vécu une belle vie de liberté. Mais par la suite, sa mère l’a vendue à un homme plus âgé qu’elle, et elle a déménagé en France. Au fin fond de l’Auvergne, elle a tout redémarré à zéro, et elle s’est finalement battue toute sa vie. Sa fille naît alors que Vendredi n’a que seize ans, et malgré tout l’amour qu’elle lui porte, elle sera radicalement différente de sa mère. Là où sa mère aimait le grand air, la petite se plonge dans les livres, et remplit les dossiers administratifs pour Vendredi, qui sait à peine lire. C’est un livre coup de poing, et un roman magnifique qui vous fera réfléchir sur les parents, sur les enfants, sur la vie.

Un peu dans le même genre d’histoire de mères et de filles, mais un peu différent en même temps, j’avais lu au mois de février Les os des filles de Line Papin, que je ne cesse de recommander depuis. L’histoire est autobiographique, et Line Papin y raconte la vie de sa grand-mère et sa mère au Viet-Nam, ainsi que sa propre vie. Son père étant français, la famille a fait le choix de déménager en France alors qu’elle avait dix ans (en 2005). C’est un livre superbe sur l’identité et le déracinement, qui est par ailleurs une lecture assez rapide, et je ne peux que le conseiller de tout mon cœur.

On passe ensuite à mes lectures post-confinement, avec au programme Il y a un seul amour de Santiago Amigorena. Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est l’avant-dernière parution de la collection “Ma Nuit au Musée” des Editions Stock. Cette collection invite des auteurs à passée une nuit enfermé dans un musée, en l’occurrence le Musée Picasso, et ensuite à écrire sur cette expérience incroyable. Santiago Amigorena a choisi de parler de Picasso et Giacometti, et de l’amour qu’il porte à sa compagne dans un magnifique texte.

“Peut-être j’aurais pu survivre, aussi, sans écrire. Mais qui aurait survécu alors ? Qui aurait survécu à ce passé ? Qui aurais-je été si j’avais pu survivre sans l’écriture?”

J’avoue que c’est le premier livre de cet auteur que je lis (cette collection m’en aura fait découvrir plein !) et j’ai beaucoup aimé. Je suis d’ailleurs assez tentée par l’une de ses autres parution récentes qui a aussi fait un peu parler d’elle, Le ghetto intérieur (si quelqu’un l’a lu, je suis intéressée par votre opinion !) J’ai découvert avec plaisir cet auteur, dont j’ai beaucoup apprécié le style. Bref, c’était un livre très agréable à lire, et très bien écrit. Si vous êtes amateur ou amatrice d’art, je conseille vivement, en plus il se lit vite !

Dans le même genre d’ailleurs, Le peintre dévorant la femme de Kamel Daoud est sorti en poche au mois de mars il me semble. Et prochain sur ma liste, la toute dernière parution de cette collection qui est signée Enki Bilal, le créateur de la BD Bug, et qui vient de sortir !

J’ai aussi lu et adoré Dehors, la tempête de Clémentine Mélois. Pour faire vite : c’est un chouette livre pour les gens qui aiment les livres. Ceux qui ont grandi en lisant ne sauront que plus apprécier l’ouvrage de Clémentine Mélois. C’est un texte original dans lequel l’autrice se pose des questions sur les livres, et notamment du rapport entre la vie des personnages et la notre. Les sujets vont de la madeleine Proust au Seigneur des Anneaux en passant par la Maigret de Simenon (que je n’ai pas lu, contrairement aux deux précédents. Bon, en ce qui concerne la Recherche du Temps Perdu je ne suis allée qu’au bout de Combray, à savoir la première partie de Du côté de chez Swann. Mais pour ce qui est du Seigneur des Anneaux, j’ai tout lu. Et non, je n’ai pas vu les films.) Il y est aussi question de Georges Perec, de Roald Dahl, de Jules Verne, de Raymond Queneau, de Francis Ponge et d’Italia Calvino, et bien d’autres encores — c’est là que je me rends compte que ça manque un peu d’autrices, mais passons. Enfin bref, Dehors, la tempête c’est un peu une madeleine de Proust en soi pour les gens qui aiment les livres. C’est un bouquin qui se dévore, et que je ne peux que vous conseiller, car si vous êtes ici c’est certainement que vous aussi, vous aimez les livres. Et bonus, c’est un beau livre à lire avec un bon plaid et un chocolat chaud quand il pleut, et que dehors, c’est la tempête…

Je n’avais pas prévu d’en parler à la base, mais en y repensant j’ai décider de dire quelques mots sur un autre des livres que j’avais lu juste avant le confinement : il s’agit du livre de Tatiana des Rosnay Les fleurs de l’ombre que j’attendais avec impatience. J’ai lu une grande partie de ses ouvrages, et Rose tient toujours une place particulière dans mon cœur parmi mes livres préférés. J’avais lu aussi un certain nombre de ses titres comme Moka quand je commençais à lire des livres “pour adultes”, mais j’avais trouvé que je préférais toujours ceux où il était question de sujets historiques, comme Rose bien sûr, ou Elle s’appelait Sarah. Le précédent, Sentinelle de la pluie, m’avait aussi beaucoup plu, avec son panorama parisien sous la pluie, et ses secrets de famille. Donc voilà, Les fleurs de l’ombre, je l’attendais avec impatience, et je l’ai commencé le jour de la parution, mais je n’ai pas vraiment accroché. On a affaire à une sorte de dystopie, dans un Paris du futur qui semble avoir subi des attaques terroristes on ne sait trop quand. Il m’a semblé que ça se voulait une critique de la société actuelle, mais franchement, je n’ai pas vraiment compris le but, et ça me fait un peu mal de le dire, mais j’ai été déçue. (Désolée Tatiana !)

Et enfin, j’ai lu Le pays des autres de Leila Slimani. Spoiler alert : là aussi j’ai été déçue.

J’avoue que je n’ai toujours pas lu Chanson douce, même si ça fait des années qu’il est dans ma bibliothèque. Mais quand j’ai lu le résumé du Pays des autres, l’histoire m’a tout de suite fait envie. L’intrigue se déroule dans les année 50, et on suit principalement Mathilde, une jeune alsacienne qui épouse un marocain, Amine. Lorsque les troupes étrangères rentrent au Maroc, Mathilde suit bien sûr son mari, et on va tout au long de l’histoire suivre leur vie pendant une dizaine d’années. Enfin, j’ai dit l’intrigue, mais il ne se passe pas grand chose pour être franche. J’étais vraiment attirée par le concept, et je m’attendais à un choc culturel bien sûr, mais tout ce que j’ai trouvé, c’était des commentaires racistes. D’une part, de la part de Mathilde envers les marocains qui l’entourent désormais. Et d’autre part de la part de la famille d’Amine envers par exemple leur bonne/intendante qui est une ancienne esclave noire. Je m’attendais à être transportée, et j’ai été atterrée. J’ai quand même été jusqu’au bout du livre, mais il semblerait que celui-ci soit le début d’une trilogie, et pour ma part j’en ai eu assez. (Pourtant, d’une manière générale je ne suis pas hyper exigeante en matière de livres, mais là, franchement, ça n’est pas passé.)

Pour finir sur ton un peu plus positif, je reviens sur mes lectures de février, car j’ai lu deux parutions en poche du début d’année qui ont été de véritables coups de coeur : il s’agit de Toutes les histoires d’amour du monde de Baptiste Beaulieu, et Le lambeau de Philippe Lançon. Et enfin, si vous traînez dans les librairie, n’hésitez pas à acheter Là où chantent les écrevisses de Delia Owens (traduit de l’anglais). C’est une superbe ode à la nature, et une réflexion sur la solitude. L’intrigue se déroule dans les années 50/60 au fin fond des Etats-Unis, et on y suit une jeune fille, Kya, abandonnée par ses parents. A sa lutte pour la survie en solitaire se superpose une intrigue policière. L’histoire est très bien menée, et m’a tenue en haleine jusqu’à la dernière page : je ne peux que conseiller !

Rentrée Littéraire de Janvier

Encore et encore, j’ai bien trop de livres à lire. Chaque carton que je déballe, la pile s’agrandit, et je glisse de nouveaux livres dans mon sac dans l’espoir de trouver le temps de les dévorer. Je vais finir par me noyer dans mes piles de livres. Enfin, toujours est-il que j’ai pour l’instant eu le temps de lire quatre des nouvelles parutions de ce mois-ci, et je voulais partager !

La première, c’est Otages de Nina Bouraoui, que j’ai lu au mois de décembre. Dans ce livre, on suit une femme, divorcée, la cinquantaine, qui travaille dans l’usine de caoutchouc de sa ville. Elle a deux fils, maintenant adultes, et vit seule : à travers son histoire, on va suivre son aliénation, et tout les éléments qui l’ont conduite là où elle est : à l’arrière d’une voiture de police, car elle a pris en otage son patron. J’ai trouvé cet ouvrage très bien fait. C’est la première fois que je lis un livre de Nina Bouraoui, et son écriture m’a rappelé un peu celle d’Annie Ernaux, que j’aime beaucoup. C’est un livre qui fait réfléchir sur la pression au travail, et sur les attentes qu’a la société envers les femmes. Je ne peux que conseiller.

En numéro deux : comment faire cette rentrée littéraire sans parler du livre de Vanessa Springora ? Cela faisait peut-être un mois que les épreuves du Consentement étaient dans le bureau de la librairie, mais j’ai finalement attendu la parution pour lire ce livre que je voulais d’ailleurs ABSOLUMENT lire. Je ne le regrette pas. Alors oui, j’ai dû le poser quelques fois car ce n’était pas toujours très confortable à lire. Mais j’ai trouvé ça très bien fait. Vanessa Springora aborde un sujet vraiment pas facile, ce n’est une surprise pour personne, mais elle a su trouver la juste distance. Ce n’est pas un livre à mettre dans les mains de tout le monde, bien entendu, mais c’est un livre important. Si vous hésitez à le lire, je peux vous dire ceci : ce n’est pas du tout larmoyant. Certains le redoutent, mais on n’est pas dans l’apitoiement ; au contraire, c’est plus une analyse de la situation, documentée également sur les prises de positions des intellectuels des années 70/80. Alors oui, c’est bien sûr une mise en accusation, mais je le répète : c’est très bien fait, et je suis vraiment contente de l’avoir lu.

Et en numéro trois, les éditions Stock on sorti un nouveau livre dans la collection Ma Nuit au Musée. J’ai lu les trois précédents ouvrages, qui m’ont passionnée, donc bien sûr, dès que celui-ci est arrivé à la librairie, je me suis jetée dessus. Dans La leçon de ténèbres, Léonor de Récondo va passer la nuit au musée Gréco à Tolède, dans l’espoir d’y rencontrer à travers ses œuvres son artiste préféré. (Enfin, on bouge du musée Picasso !) Ce qui est génial avec cette collection, c’est qu’on part à chaque fois du même principe — un artiste qui va passer la nuit dans un musée — pour arriver à un résultat complètement différent. Le livre de Léonor de Récondo est une magnifique déclaration d’amour à Dominikos Theotokopoulos, ce peintre du XVIe siècle que l’on connait plutôt sous le nom “El Greco”. J’ai appris plein de choses. Et encore une fois, j’ai envie de voyager et de m’enfermer dans des musées !

Et le quatrième livre est bien sûr Miroir de nos peines de Pierre Lemaitre (ça fait longtemps que je n’avais pas lu un livre aussi gros !) Dans la droite lignée d’Au-revoir là-haut, l’intrigue se déroule cette fois-ci en 1940. On démarre alors que la France attend toujours de voir quand la guerre va véritablement éclater, et on assiste à la débâcle totale qui s’ensuit dans les mois suivants. C’est exécuté de manière magnifique. On voit les liens se tisser petit à petit entre les personnages, bref, c’est superbe. Et je dois avouer que c’est en fait le premier livre de Pierre Lemaitre que je lis : j’avais simplement vu Au-revoir là-haut au cinéma à sa sortie. Et du coup, there you have it, je suis actuellement en train de dévorer Couleurs de l’incendie

On s’arrête là pour la littérature générale, mais il y a aussi quelques petites merveilles qui sont sorties en jeunesse — ou qui ne vont pas tarder !

Tout d’abord on a le volume 2 de Aru Shah de Roshani Chokshi qui est paru début janvier. Cette série aux airs de Percy Jackson suit une jeune ado dont la mère est conservatrice de musée, et qui découvre qu’elle est la réincarnation de l’un des mythiques frères Pandava. Avec ses sœurs, qu’elle rencontre volume après volume, elle va donc suivre des aventures incroyables, qui en même temps se résument à un seul but : sauver le monde. Ah oui, et éviter de se faire tuer, accessoirement. C’est délicieux.

J’ai ensuite découvert le premier volume d’une nouvelle série : Lesly Davenport et la montagne noire de Zac Gorman. C’est fantastique et humoristique, et c’est aussi une superbe histoire d’amitié entre deux jeunes filles qui n’ont rien en commun, ce qui fait vraiment du bien. Il y a des monstres, un léger sarcasme, et de superbes rebondissement. J’ai hâte de découvrir la suite !

Fin janvier, le premier volume de Cassidy Blake de Victoria Schwab va enfin sortir en France sous le titre de Cassidy Blake : Chasseuse de fantômes, et j’ai trop hâte de faire découvrir cette histoire à mes jeunes lecteurs. Les parents de Cassidy vont filmer un documentaire où ils parlent de fantômes et d’événements historiques. Ce qu’ils ignorent c’est que leur fille peut véritablement voir les fantômes, ce qui va lui attirer des ennuis…

Et le dernier ouvrage dont je voulais parler est une superbe découverte en ce qui me concerne. Il sort fin février, et il s’agit du Garçon du sous-sol de Katherine Marsh. C’est l’histoire de deux jeunes garçon : l’un vient des Etats-Unis et a déménagé pour un an à Bruxelles avec ses parents. L’autre fuit la Syrie et à tout perdu : il va, de désespoir, se réfugier dans le sous-sol d’une belle maison à Bruxelles. C’est une superbe histoire, qui je l’espère rencontrera tout le succès qu’elle mérite.

Voilà tout pour le moment, mais quand je parcours les catalogues, je peux vous promettre que cette année a encore de belles choses en stock pour nous !

Update Livresque | En Français

Depuis ma fabuleuse lecture de Nuit Espagnole (j’en parle ici), j’ai lu un peu moins de livres francophones, mais il y en a quand même quelques coups de cœur que je voulais vous partager !

Le premier est une bande dessinée qui s’appelle Enferme-moi si tu peux, qui a été réalisée par Anne-Caroline Pandolfo et Terkel Risbjerg, et est sortie au mois de mai. Les thématiques principales sont la folie et la pauvreté, mais surtout la création artistique. Chaque chapitre retrace la vie d’un artiste du début du XXe qui sort un peu de l’ordinaire. C’est un ouvrage qui m’avait tout de suite attirée lors de sa sortie, et qui m’a beaucoup touchée. Je vous le conseille si vous êtes à la recherche d’une BD qui sort un peu de l’ordinaire !

En ce qui concerne les parutions de la rentrée littéraire, je voulais aussi absolument parler de La maison allemande d’Annette Hess. Il s’agit d’un livre cette fois traduit de l’allemand, et paru chez Actes Sud début octobre. L’intrigue se déroule à Francfort en 1963 lors du second procès d’Auschwitz, et on suit une jeune fille qui devient traductrice pour le groupe des témoins polonais. C’est un livre bouleversant, qui soulève la question de la culpabilité à petite et à grande échelle, et nous amène à nous questionner sur tout un pan de l’histoire allemande comme européenne d’une manière plus générale. À ce propos, je conseille aussi La plus précieuse des marchandises de Jean-Claude Grumberg !

Pour poursuivre sur ma lancée de livres qui parlent de l’Allemagne, mais cette fois en jeunesse, j’ai aussi lu Août 61, le nouveau livre de Sarah Cohen-Scali. Cette fois-ci, l’intrigue suit un vieil homme atteint de la maladie d’Alzheimer, qui se remémore toute sa vie depuis la libération des camps de concentration où il a été prisonnier, jusqu’au présent, en passant par son adolescence en Angleterre, jusqu’à ce weekend d’août 1961 où il était parti rejoindre Tuva, cette jeune fille originaire d’un Lebensborn qu’il avait rencontrée à la fin de la guerre et dont il était tombé amoureux. Et bien sûr, il ne s’agit pas de n’importe quel weekend, comme vous l’avez deviné, il était à Berlin le weekend où le mur a été construit. Un roman coup de poing que je ne suis pas près d’oublier. Conseillé à partir de 14 ans.

Et enfin un deuxième coup de cœur en jeunesse, il s’agit du livre Le manoir des Sorcelage de Marie Alhninho, paru chez Poulpe Fiction. Tout d’abord, la couverture est absolument magnifique. Mais un peu plus sur l’intrigue, qui se déroule dans le fin fond du Berry. On suit un frère et une sœur qui sont issus d’une famille wiccane, mais vivent une vie tout à fait tranquille, à cela près que leurs parents ne sont pas très présents. Mais tout va changer le jour où un démon est libéré dans les environs : avec l’aide de H, un esprit frappeur voisin, et de leur meilleure amie Nour, ils vont tout faire pour remettre les choses dans l’ordre… J’adore les histoires de sorcières, et il va sans dire que j’ai été conquise par ce roman que je vous conseille vivement ! A partir de 9 ans.

Voilà pour aujourd’hui en ce qui concerne mes lectures fétiches de ces dernières semaines ! Et bien sûr, n’hésitez pas à me partager les autres !

Nuit Espagnole : Ma chronique

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En mai dernier, j’ai découvert Lydie Salvayre avec l’ouvrage Marcher jusqu’au soir aux Editions Stock. Dans ce livre, elle raconte une nuit passée au musée Picasso, et revient sur différents moments de sa vie, et sur sa relation avec son père. Née en Espagne, elle a déménagé très jeune en France avec ses parents, et c’est bien sûr un événement qui a marqué une grande partie de sa vie. Je suis tombée sous le charme de ce livre, et je me suis renseignée sur cette nouvelle collection appelée “Ma Nuit au Musée”. Le livre de Salvayre était le deuxième à sortir, le troisième est sorti au début du mois d’octobre. Il s’agit de Nuit Espagnole.

Pour cet ouvrage, les Editions Stock ont convié deux personnes à passer la nuit au musée Picasso également : le sculpteur et artiste Adel Abdemessed, et l’écrivain Christophe Ono-dit-Biot. Accompagnés de plusieurs bouteilles de vin, ils se sont donc rendus à l’aventure. Et encore une fois, j’ai été conquise.

A travers cet ouvrage, Christophe Ono-dit-Biot raconte leur nuit incroyable au sein d’une exposition dédiée à Guernica, tableau lui-même absent du musée, mais qui semble tout de même bien présent entre les études et le reste du travail de Pablo Picasso. Le récit est entrecoupé de croquis réalisés par Adel Abdemessed au cours de leur nuit au musée.

Chapitre après chapitre, nous découvrons également l’incroyable destin d’Adel Abdemessed qui a grandi en pleine guerre civile Algérienne. En parallèle, le lecteur analyse avec les deux artistes le tableau Guernica sous différents angles. J’ai trouvé ce livre très riche, et absolument fascinant. Je l’ai lu quasiment d’une traite, et je ne peux que le recommander. Si vous avez une âme d’artiste, alors foncez. Si l’idée de passer la nuit enfermé.e dans un musée, alors laissez-vous tenter !

Et moi, en attendant, je vais aller emprunter Le peintre dévorant la femme de Kamel Daoud à la librairie, parce que non seulement je suis curieuse de découvrir une autre expérience unique dans un musée, mais en plus une de mes clientes préférées me l’a recommandé. Cette collection a pour moi un bel avenir, et j’ai hâte de découvrir les prochains titres ! (D’ailleurs j’avais un prospectus avec la liste que nous avait laissé un représentant, mais bien sûr je l’ai perdu.) Et si par ailleurs j’avais un jour l’opportunité de passer une nuit seule dans un musée dans le but d’écrire un livre, je serais ravie de pouvoir prendre part à une telle expérience ! On peut toujours rêver…

Âme Brisée : Ce que j’en ai pensé

J’ai découvert l’oeuvre d’Akira Mizubayashi au salon du livre en 2017, alors qu’il était en dédicace sur le stand Gallimard aux côtés d’Annie Ernaux. J’ai acheté son livre Un amour de mille-ans, il me l’a signé, et nous avons discuté du fait que je portais le même prénom que l’un des personnages. Je l’ai lu deux ans plus tard.

Cet été, en préparant la rentrée littéraire, j’ai vu qu’il sortait un nouveau roman. Ayant beaucoup aimé le style d’écriture du précédent, je savais qu’ Âme Brisée serait l’une de mes lectures du mois de septembre. Voilà chose faite, et j’ai été vraiment conquise !

L’histoire démarre à Tokyo en 1938 et suit un quatuor de cordes sino-japonais qui se plait à jouer ensemble, et à interpréter des musiques occidentales. Malheureusement, la Chine et le Japon sont en guerre et leurs activités sont mal interprétées : ils sont arrêtés comme ennemis de l’empereur. Le fils de l’un d’eux, Rei Mizusawa, était alors caché dans une armoire. Le lieutenant Kurokami lui remet à l’insu de ses collègues le violon brisé de son père, un geste qui changera sa vie à tout jamais.

Âme Brisée suit la vie de Rei Mizusawa de son enfance à sa vieillesse, un destin unique bercé par la musique, et traversé par d’incroyables rencontres. Le jeune garçon, adopté par un ami français de son père, décide de vouer sa vie à la réparation du violon de son père que lui avait remis le lieutenant. C’est un roman magnifique, une ode à la musique comme Mizubayashi sait si bien le faire (c’est aussi un aspect que j’avais vraiment admiré dans Un amour de mille-ans). C’est également une porte ouverte sur un petit bout de l’histoire de la Chine et du Japon, ce que je trouve toujours très intéressant.  C’est un roman qui vous transportera, et que je ne peux que conseiller !

Je l’ajoute donc à ma liste de coups de cœur de la rentrée littéraire, aux côtés de mon petit préféré Pourquoi tu danses quand tu marches ? d’Abdourahman Waberi et De l’autre côté, la vie volée d’Aroa Moreno Duran, juste sur le podium devant Baïkonour d’Odile d’Oultremont et La calanque de l’aviateur d’Annabelle Combes.

Rentrée Littéraire 2019

Pour la rentrée littéraire, j’ai emporté huit livres à lire pendant les vacances. Le premier était un roman jeunesse, Toxic Girls de Kit Frick, traduit de l’anglais (publication en VO en 2018). C’est un roman basé sur un scénario avant/après, qui suit Ellory, une jeune fille de 17 ans qui est en terminale. Il lui est arrivé l’année précédente un événement traumatique, et depuis, elle n’est plus en contact avec son groupe d’amies proches. Elle a été exclue de son lycée pendant deux mois, et plus personnes ne lui parle. Petit à petit, le lecteur découvre ce qu’il s’est passé, et comment Ellory en est arrivée là. Honnêtement, ce livre n’apporte rien de neuf à la scène Young Adult. Cependant, c’est tout de même une bonne réflexion sur la toxicité, que ce soit dans les relations amicales ou amoureuses. Je lui ai mis une note de 3/5. Sortie le 21 août. (Full review in English)

 

Le deuxième est traduit de l’Espagnol, et c’est sans doute mon coup de cœur de la rentrée littéraire. Publié pour la première fois en 2017, l’édition française sort le 21 août. Le titre: De l’autre côté, la vie volée d’Aroa Moreno Duran. L’histoire se passe en Allemagne pendant la guerre froide. Le personnage principal, Katia, est issue d’une famille espagnole ayant fui le régime franquiste pour l’Allemagne. La famille se retrouve coincée à Berlin Est, tandis que Katia, qui est tombée amoureuse d’un jeune homme originaire d’Allemagne de l’Ouest, décide de s’enfuir au péril de sa vie. On suit sa vie avant et après la fuite, la difficulté à s’adapter, sa douloureuse relation avec sa famille. C’est un roman absolument magnifique que je ne peux que vous conseiller.

Ma troisième lecture est le nouveau roman d’Abdourahman Waberi, Pourquoi tu marches quand tu danses? Sous la forme d’une lettre qu’un père adresse à sa fille, le lecteur suit l’histoire d’un homme depuis son enfance difficile à Djibouti, jusqu’à l’âge adulte, en passant par la rencontre avec sa future épouse, originaire d’Italie, et leur installation en France. Mon deuxième coup de cœur de la rentrée littéraire, c’est un roman magnifique et très émouvant. Il sort également le 21 août.

Dans ma pile de lectures, j’avais également choisi le nouveau livre d’Eric-Emmanuel Schmitt, Journal d’un amour perdu. Ecrit sur une durée de deux ans, il s’agit du journal tenu par l’auteur à partir du décès de sa mère. Il y est question de deuil et d’amour filial. C’est un très beau récit. J’ai réalisé alors que le seul livre de lui que j’avais lu jusque là était La nuit de Valognes (que j’avais absolument adoré !), et j’ai du coup immédiatement enchaîné cette lecture avec celle d’Oscar et la dame rose pour remédier au problème : encore un livre qui m’a fait chaud au cœur. Et en ce qui concerne Journal d’un amour perdu c’est une lecture magnifique, qui m’a fait réfléchir et écraser quelques larmes. L’auteur s’y livre à cœur ouvert, et c’est à mon sens un cadeau magnifique pour ses lecteurs. Sortie le 4 septembre.

Mon cinquième choix était un autre livre qui m’a extrêmement marqué. Il prend la forme d’une enquête, dont les faits remontent presque à un siècle. Il s’agit de l’ouvrage Soir de fête coécrit par Mathieu Deslandes et Zineb Dryef. Lorsque Mathieu Deslandes découvre que son grand-père a été conçu lors d’un viol à une fête de village au cours de l’été 1922, il décide d’en apprendre plus sur les événements, et s’aperçoit que deux autres enfants sont nés au même moment, dans les mêmes circonstances. Nous sommes en 2017, et sa compagne Zineb Dryef enquête sur la culture du viol, à l’issue de l’affaire Weinstein. Entre réflexions, suppositions et interviews, Soir de fête est un livre difficile à oublier. Sortie le 28 août.

 

J’ai également lu A la demande d’un tiers de Mathilde Forget. Dans ce livre, on explore la relation entre deux soeurs, avant et après le suicide de leur mère lorsqu’elles étaient enfants. On explore ce qui a poussé l’une à envoyer l’autre en hopital psychatrique, tandis que la narratice se recherche elle même, et cherche à en apprendre plus sur sa mère. C’est un texte très beau et troublant. Sortie le 21 août.

Et enfin, un autre coup de coeur : La calanque de l’aviateur, le deuxième roman d’Annabelle Combe qui parait le 22 août aux Editions Héloïse d’Ormesson. Après le décès de son père, personnage principal, Leena, s’installe dans un petit Village au fond du Cotentin pour y ouvrir une librairie. C’est un texte très poétique, une histoire de famille pleine de secrets mais aussi de traumatisme, et enfin de développement personnel.

Le dernier des huit livres que j’avais pris pour l’été est celui d’Emmanuelle Pirotte, D’innombrables soleils, que je n’ai pas encore eu le temps de lire. Affaire à suivre, donc. (Sortie le 22 août). Sinon il y en a encore une ribambelle que j’ai hâte de découvrir, avec notamment le nouveau livre d’Akira Mizubayashi qui sort la semaine prochaine chez Gallimard, Âme brisée. Comme Un Amour De Mille Ans que je viens de lire, il parle de musique. Cette fois-ci l’histoire se déroule à Tokyo en 1938, et suit un groupe de musicians sino-japonais. Très franchement, je pense que ce livre va me faire pleurer, mais j’ai hâte.

Enfin, j’ai aussi eu le temps de lire le nouveau livre d’Amelie Nothomb, sorti le 22 août chez Albin Michel. Le titre : Soif. Le sujet : la passion du Christ. C’est le premier livre d’elle que je lis (oui, je sais) et pour être honnête, je ne sais pas trop quoi en penser… Ce n’était pas vraiment ce à quoi je m’attendais. C’est bien écrit, mais dans l’ensemble, le livre l’a laissée assez indifférente.

Mais à part ce dernier bémol, je suis vraiment contente de mes lectures comme de mes découvertes en ce début de rentrée littéraire ! Avec un peu de chance, je vais continuer sur cette lancée sans me laisser submerger par toutes ces nouvelles publications qui m’appellent !

Les loyautés / Les gratitudes : Double chronique

Le gamin de douze ans qui devient alcoolique, la jeune prof de sciences traumatisée par le fait que son père l’a battue jusqu’au jour de sa mort, et la mère de famille qui découvre que son mari est un troll haineux sur Internet. Tels sont les personnages attachants du roman Les loyautés de Delphine de Vigan, paru en 2018.

Le suivant, Les gratitudes, paru il y a quelques mois seulement, se déroule en maison de retraite, et suit une vieille dame sur le déclin à travers le regard de son orthophoniste et de sa fille adoptive. En même temps qu’il lui faut accepter une difficile réalité — elle a de plus en plus de mal à parler — elle souhaite avant qu’il ne soit trop tard retrouver les gens qui l’ont cachée pendant la guerre, alors qu’elle était enfant.

Cela fait un certain temps que je voulais lire un livre de Delphine de Vigan, et ce encore plus depuis que je travaille à la librairie. De plus, je l’ai vue lors d’une conférences du salon du livre, au mois de mars, où elle parlait justement de ces deux livres, ce qui m’avait encore plus donné envie de les découvrir.

Et bien on peut dire que je n’ai pas été déçue. J’en ai lu un jeudi, et l’autre vendredi. Le premier m’a brisé le cœur, et le deuxième m’a beaucoup émue. Ce sont deux lectures magnifiques, qui font réfléchir sur les liens que nous pouvons tisser avec nos proches, familles, amis, voisins et autres. Ce sont deux livres qui nous interrogent sur les valeurs qui nous tiennent à cœur. Je ne peux que les recommander.

C’est donc avec grand plaisir que j’ai enfin découvert Delphine de Vigan. Et c’est avec certitude que je vous dit que je vais chercher à tout prix à lire ses autres ouvrages — j’ai déjà No et Moi sur mes étagères. Son style d’écriture me plait beaucoup, de même que les sujets qu’elle aborde : si réels, à la fois importants et émouvants. Je suis donc absolument ravie par ces deux lectures.

Izzy + Tristan : Critique / Review

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I will first review the book in French, as I received it as part of a partnership with the website lecteurs.com, through a program promoting YA novels that were published this year (both French books, and books that were just translated as is the case here!) So if you’d like to read my review in English, please scroll down!

Possible TW for: violence, death, racism


Pour commencer je voulais remercier le site lecteurs.com qui m’a envoyé un exemplaire de ce livre en échange d’une chronique dans le cadre des Explorateurs Young Adult ! Cela n’influence mon opinion en aucun fait.

Izzy, brillante première de classe, rêve de devenir médecin. Tristan, petit génie des échecs toujours désireux de devenir meilleur, vit dans l’ombre de son super populaire cousin Marcus. Lorsqu’ils se rencontrent, tout bascule. Un enchaînement d’événements qui les dépasse semble avoir été déclenché…

Izzy + Tristan est une réécriture résolument moderne de l’histoire de Tristan et Iseult (ce dont j’aurais du m’apercevoir dès le début !). On retrouve bel est bien les personnages de cette légendaire histoire du Moyen Age, brillamment transposés dans le Brooklyn des années 2010. Je suis une très grande amatrice de réécritures, et une fois encore j’ai été conquise !

Tristan comme Izzy sont des personnages très attachants. Ils n’ont pas forcément toutes les chances de leur côté, mais veulent tout faire pour réussir dans la vie. Ils se rencontrent, et c’est le coup de foudre d’une manière qui leur échappe totalement. C’est un roman qui est très beau à lire, et qui en même temps porte à la réflexion sur les préjugés raciaux et sociaux, ce qui était pour moi une très bonne surprise.

Le frère d’Izzy m’a beaucoup agacée avec ses préjugés et autres attitudes hautaines, mais c’était dans l’ensemble un personnage plutôt réaliste et nuancé, ce que finalement j’apprécie — et je ne vous en révélerait pas plus ! En ce qui concerne le reste du panel de personnages, je suis une grande fan de Brianna, l’amie un peu excentrique d’Izzy. J’ai beaucoup aimé le fait que l’auteure arrive d’ailleurs à réutiliser certains éléments de l’histoire d’origine à travers son personnage : c’était bien vu !

J’ai vraiment passé un bon moment à lire ce livre. Tout n’y est pas rose (contrairement à la couverture !) mais c’est aussi ce qui fait que l’histoire est si bien faite. A travers le prisme d’une histoire d’amour vieille comme le monde, Shannon Dunlap pointe du doigt les privilèges raciaux, les préjugés sociaux, et les violences policières. Je ne suis pas près d’oublier cette lecture !


As I started this book, I soon realised that it was a retelling of the tale as old as time that is the story of Tristan and Iseult. And yes, I should have known that sooner. But this also means that I started the book not really knowing what to expect! For that, kudos to my slow brain…

Title: Izzy + Tristan
Author: Shannon Dunlap
Genre: Contemporary, Retelling
Release: 2019
My rating: ⭐⭐⭐⭐

The story:

Izzy is a brilliant student who dreams of becoming a doctor. When her parents decide to move to Brooklyn, her twin brother won’t hear of it, but she doesn’t really care.

Tristan is a genius at chess, and aims to play nationally. He lives with his aunt, and most of the time, is in the shadow of his slightly older and super popular cousin Marcus.

One night, at the end of the summer, they paths cross and their lives are changed for ever. A stream of inevitable events has been unlocked, and there’s no going back…

My thoughts:

I loved this book. I started it not really knowing what to expect, and I completely fell in love with the characters. They are all deeply human, with their quirks and flaws, and I really loved this about them. There is no all black, or all white. It was rather realistic, and very appropriate for a retelling of Tristan and Iseult!

I was mostly confused by Hull (Izzy’s brother) because I couldn’t figure out whether he was just an asshole, or a kid who needed therapy. Maybe he was both. Although I didn’t really like him, he was an interesting character. As for the rest of the cast, I really loved them: especially Brianna, who, with her quirks, managed to introduce to the plot elements of the original story I wouldn’t have thought to see there!

There’s no doubt, this was a strong case of love at first sight. I’m not always a huge fan of it, but I think that (despite all the melodrama) it really worked well here.

In addition to that, this book discusses racial and social prejudice as well as racism and police brutality. I have to admit that I didn’t see all of it coming, but I thought it was really well executed. And it was a really interesting way of turn this old tale into a modern story. Please let me know your thoughts on that aspect of the story if you have read it as well, I would love to hear them!

Overall, I had a really good time reading this book. It went places I didn’t really expect in the best possible heartbreaking way, and all of that with really endearing characters. A great discovery!

La Vie Rêvée des Chaussettes Orphelines: Ma Critique

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Je ne sais pas qui du titre ou de la couverture m’a attirée le plus lorsque nous avons reçu ce livre au boulot. Ou peut-être était-ce la maison d’édition (la même qui a publiée la version française de Daisy Jones & The Six, que je venais donc de lire). Mais une chose est sûre, dès que j’ai lu le résumé, j’ai su qu’il me fallait lire le livre en entier. Et je l’ai dévoré. C’est le premier livre de Marie Vareille que je lis, mais surement pas le dernier ! Et je suis ravie d’avoir découvert cette auteure.

Ce livre est magnifique, et terriblement émouvant. Mais tout d’abord, quelques mots sur l’intrigue. Alice, la trentaine, est une jeune américaine qui débarque à Paris. Elle a tout l’air de vouloir redémarrer à zéro sa vie (sans que l’on sache vraiment pourquoi) et atterrit finalement dans une start-up dont le but est la création d’une application qui réunirait les chaussettes orphelines. Alors même qu’elle a clairement dressé des barrières autour de son cœur, et fait de son mieux pour ne s’attacher à personne, elle se retrouve entourée de personnages uniques, passionnés, et tous plus attachants les uns que les autres.

La vie rêvée des chaussettes orphelines est vraiment un livre qui fait chaud au cœur. Les chapitres alternent entre la vie d’Alice à Paris en 2018, où l’on voit clairement que la jeune femme a vécu un traumatisme sans vraiment savoir de quoi il s’agit même si on en apprend un peu plus au fur et à mesure que l’intrigue avance, et le journal intime de la jeune femme entre 2011 et 2012, alors même qu’elle tente désespérément de tomber enceinte. On retrouve à travers ces pages de journal également des pans tout entiers de sa jeunesse, qui développent notamment sur sa relation avec sa mère, et avec sa sœur Scarlett. Petit à petit, les vides se comblent et les questions reçoivent des réponses. L’intrigue est délicatement menée, et en ce qui me concerne, je ne m’attendais pas du tout aux différents retournements de situation ; et je suis ravie de m’être laissée surprendre !

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Les crises de panique d’Alice m’ont brisé le cœur, et en même temps on ne peut s’empêcher de se demander quand tout a commencé. On sent bien qu’entre les événements du journal et les événements du présent, elle a vécu un événement traumatique, mais il faut attendre chapitre après chapitre pour saisir véritablement l’ampleur des dégâts.

L’histoire comporte de nombreux rebondissements — et je ne vous en dirai pas plus ! Mais on garde le suspense jusqu’à la fin, ce qui fait que je suis restée tenue en haleine jusqu’à la dernière page. Petit bonus que j’apprécie toujours à travers mes lectures : les références à la pop culture comme Harry Potter et La Reine des Neiges… Je ne sais pas pourquoi, mais je trouve que ce genre des références rajoute un petit côté humain à mes lectures, et ça me fait toujours plaisir.

Enfin bref, pour conclure, j’ai beaucoup aimé ce livre, et je n’ai presque pas pleuré. C’est très bien écrit, et on n’a pas envie de le poser. C’est un livre qui parle de deuil, et de la famille, mais aussi de musique et d’amitié. Les personnages y sont à la fois originaux et attachants. Et plus d’Alice, qui est un personnage très touchant, et de son chat David Bowie, j’ai vraiment eu un coup de cœur pour son équipe de collègues, et pour ses amies Angela et Saranya. La vie rêvée des chaussettes orphelines est un livre qui va vous surprendre, et qui fait chaud au cœur : une super lecture pour l’été !

Verdict: un solide 4/5. Et en ce qui concerne mes prochaines lectures, je vais essayer de lire Ma vie, mon ex et autres calamités cet été !

Cogito: Ma Critique

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Mesdames et messieurs, il est temps pour moi de poster ma deuxième critique en Français, et cette fois il s’agit de Cogito, le nouveau roman young adult de Victor Dixen, sorti le 29 mai. Je l’avoue, le seul livre de lui que j’avais lu jusqu’à présent était Phobos (il faut absolument que je me procure le tome 2) mais quand nous avons reçu plusieurs exemplaires de Cogito à la librairie, j’ai tout de suite été attirée par ce roman. Tout d’abord, la couverture est tout simplement magnifique. Et ensuite, pour pouvoir conseiller les livres, il faut les avoir lus de préférence… Et BAM me voilà avec le gros pavé qu’est Cogito dans mon sac pour le lire le weekend.

A la fin de ma lecture,je lui ai mis 3 étoiles sur Goodreads, mais pour être honnête je pense que ma note est plus un 3.5/5. J’ai eu des hauts et des bas au cours de ma lecture ; certains moments m’ont plus convaincue que d’autres, mais dans l’ensemble j’ai passé un bon moment !

On est bien dans la veine dystopique de Phobos, mais cette fois c’est l’intelligence artificielle qu’on explore plutôt que l’espace (il y a d’ailleurs un petit clin d’œil à la série précédente à un moment dans le roman, seul élément indiquant qu’on se situe plus tard dans le futur). L’intrigue est bien faite, mêmes si certains éléments sont assez prévisibles. Il n’y a pas à dire, Victor Dixen écrit bien et a fait de super recherches pour ce bouquin (à un tel point que j’avais parfois un peu du mal à suivre !) En ce qui concerne cet aspect, c’était vraiment très intéressant. J’avoue que je ne m’y connais pas très bien en robots et compagnie — que ce soit du côté des progrès techniques ou des films spéculatifs, et il y en a tout un rayon des deux côtés !

Un autre aspect qui m’a beaucoup plus était le personnage de Roxane, l’héroïne de notre histoire. Je passe sur son gang un peu douteux des Clébardes, dont le nom m’a fait grincer les dents à chaque fois qu’il a surgi sur la page… Tout ça pour vous dire que c’est un personnage extrêmement fort malgré l’adversité, ce qui fait toujours plaisir à lire. Elle n’a besoin de personne, et surtout pas de chevalier servant tout au long de l’intrigue (enfin, les alliés c’est bien, mais elle sait aussi se débrouiller toute seule). D’ailleurs il n’y a absolument aucune insistance sur l’intrigue amoureuse, qui est maintenue au strict minimum, je dis bien STRICT MINIMUM ce qui, en ce qui me concerne, me convient très bien : dans ce type de situation apocalyptique, c’est bien plus réaliste je trouve, et c’est plutôt rafraîchissant de voir cet aspect mis de côté !

Si j’ai trouvé la majorité de l’intrigue assez prévisible, j’ai quand même réussi à être surprise de temps en temps, et notamment par le personnage de Damien Prinz, mais aussi par [spoiler] la magnifique conversation que Roxane a sur skype avec son père lorsqu’elle est sur l’île, moment de pardon mutuel que j’ai trouvé super beau [fin spoiler].

Enfin bref, Cogito est une superbe réflexion sur l’humanité, et sur notre avenir, parsemé de nombreuses petits références aux philosophes, en commençant bien sûr par Descartes, et ce depuis le titre, mais aussi aux scientifiques comme Alan Turing et Ava Lovelace pour ne citer que ces deux-là. Franchement, je crois que je n’ai jamais autant appris en lisant un roman young adult qu’en lisant celui-ci, et j’avoue que c’est un petit plus qui fait du bien !